Cantal part. II
Juillet 2013
Seconde partie de nos vacances d'été dans le Cantal, avec une excursion dans le nord de l'Aveyron et en châtaigneraie cantalienne, sans oublier la nuit épique passée sous un orage au buron de Cueilhes.
- Conques
- Marcolès
- Fontanges
- Balade du Petit Pâtre
- Nuitée au buron de Cueilhes
- Tournemire
Conques
Nous partons pour la journée en excursion hors d'Auvergne, pour visiter Conques, village situé en Rouergue, sur le chemin de Compostelle.
Pendant tout le Moyen Âge, Conques fut un important sanctuaire où étaient vénérées les reliques du crâne de sainte Foy. Le village est célèbre grâce à son église abbatiale à l'architecture remarquable (cf. tympan du Jugement Dernier), ainsi que par son trésor d'orfèvrerie médiévale (cf. la statue en or de Sainte Foy). Depuis le XXe siècle, elle a été déclarée « étape majeure » sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le village est également classé parmi les "Plus beaux villages de France". Le lien avec le pèlerinage de Compostelle a valu à Conques, le classement au Patrimoine Mondial de l'Humanité, de l'abbatiale et du pont sur le Dourdou, en 1998.
Nous arrivons à Conques en milieu de matinée, avant le rush touristique. Située dans l'ancienne province du Rouergue (correspondant en gros l'actuel département de l'Aveyron), Conques a fait partie du comté de Toulouse avant d'être rattaché à la Guyenne. Au nord, elle est frontalière avec l'Auvergne.
Venus de l'Aubrac, les pèlerins descendaient vers la vallée du Lot en suivant la Via Podiensis. Conques, était alors un important centre spirituel, étape majeure pour les pèlerins.
Conques est devenu une étape très fréquentée sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, venant du Puy-en-Velay. Aujourd’hui encore, nombreux sont les marcheurs qui empruntent ce chemin historique, faisant étape au cœur du village, où ils sont accueillis par les religieux.
Maltraitée pendant les guerres de religion, abandonnée après la Révolution et promise à la destruction, l’abbatiale fut redécouverte par Prosper Mérimée en 1837
Le célèbre tympan dit du "Jugement Dernier" (daté du XIIe siècle). Il est considéré comme « l'une des œuvres fondamentales de la sculpture romane par ses qualités artistiques, son originalité et par ses dimensions ». Inspiré de l'Évangile selon Matthieu, le tympan comporte 124 personnages et l'ensemble est divisé en trois niveaux.
A gauche, la porte du Paradis et la porte des Enfers. A droite, le Paradis avec Dadon, tenant la main de Charlemagne.
L'intérieur de l'abbatiale est très sobre. La voûte est haute de 22 mètres et le chœur est entouré d'un déambulatoire permettant aux fidèles de défiler autour des reliques de Foy d'Agen. L'abbaye a été construite à partir de 1040 par l'abbé Oldoric à l'emplacement de l'ancien ermitage de Dadon (819), saint homme qui reçut faveurs et protection de Louis le Pieux, fils de Charlemagne
Les grilles ont été forgées avec les fers des prisonniers libérés grâce à l'intercession de Sainte-Foy (et oué, c'est la classe !)
Abbatiale de Conques ::: Visite virtuelle
Écliptique propose la réalisation de visites virtuelles clé en main, basées sur des vues panoramiques interactives ainsi qu'un service de création de site Internet.
Visite virtuelle de l'abbatiale. Spectaculaire !
Vestiges du cloître rasé au XVIe. Il servit longtemps de réserve de pierres pour construire les maisons du village. Le bâtiment abrite désormais la salle du Trésor.
Trois types de pierres ont été utilisées pour la construction de l'abbatiale, d'où les couleurs si caractéristiques du monument.
L'abbatiale Sainte-Foy, datée du début du XIIe, est un chef-d'oeuvre de l'art Roman. Elle est construite suivant un plan en croix classique, mais à cause de la configuration du terrain (en pente) le transept est plus long que la nef. Les vitraux, posés en 1994, sont l'oeuvre de Pierre Soulages (natif de Rodez)
Documentaire Arte sur Conques
Le château d'Humières est une bâtisse du XVIe siècle avec des consoles sculptées, et une haute tour d'escalier.
Appelée encore en 1907 rue de la Caneyra (activités liées au chanvre), cette voie était empruntée au Moyen Âge par les pèlerins qui quittaient Conques en direction du Quercy... Sans la voiture, c'était parfait.
La chapelle Saint-Roch (XVe), perchée sur son éperon rocheux, rappelle l'existence en ce lieu, du château primitif de Conques, attesté dès le XIe siècle.
Le pont romain. En fait, il s'agit d'une mauvaise traduction de l'occitan romieus « pèlperins ». Le chemin de Saint-Jacques de Compostelle franchit le Dourdou par ce pont, construit vers 1410. Les assises du pont pourraient, être sinon romaines, du moins très antérieures au XVe siècle.
Face au village de Conques, on devine la chapelle Sainte-Foy, perchée au milieu de la verdure. La tradition veut que les pèlerins quittant Conques, sonnent la cloche de la chapelle. Celles de l'abbatiale doivent alors leur répondre.
Marcolès
En remontant sur Fontanges, nous traversons la châtaigneraie cantalienne et faisons un crochet par le petit village médiéval de Marcolès.
Bourg médiéval, typique du sud Cantal, Marcolès est construit en pierres de granit et couvert de tuiles du Cantal ou de lauzes. Il subsiste deux portes médiévales qui donnent accès à la rue longue, et une poterne. Le bourg a gardé sa topographie médiévale, avec un parcellaire très serré, et des petites ruelles, les "carrierons".
Marcolès était autrefois le lieu d'un vicus où Saint Géraud d'Aurillac venait rendre la justice (die Mercoris), près d'un ancien lieu de culte païen, sans doute un temple dédié à Mercure.
En approchant de Marcolès, nous nous arrêtons un moment pour admirer le château de Lamothe (sur la commune de Calvinet) en châtaigneraie. Le château n’a jamais eu de rôle militaire et n'a pas non plus été témoin de grands faits de l'histoire de France. Le château est du XVe-XVIIe, les granges du XVIIe et la chapelle du XIXe.
Marcolès est une petite cité médiévale très endormie, mais bien restaurée. Nous ne croiserons pas âme qui vive.
Riche d'un prieuré relevant de l'abbaye St-Géraud d'Aurillac, Marcolès était doté d'un commerce fleurissant, sur la route du Quercy et du Rouergue. La cité médiévale était toujours prospère à la Renaissance.
Fontanges
Petite balade au-dessus de Fontanges.
Fontanges est un village situé au pied de Salers, au bout de la petite vallée de l'Aspre. La rivière, qui traverse le village, se jette un peu plus loin dans la Maronne,
La Balade du Petit Pâtre
Au fond de la vallée de la Maronne, au pied du col de Néronne qui assure le passage entre les vallées du Mars et de la Maronne, se trouve le hameau de Récusset, rattaché à la commune de Saint-Paul-de-Salers. C'est de là que nous partons pour emprunter le sentier du Petit Pâtre.
Ce sentier invite à la découverte de l’histoire du gardiennage des troupeaux à Récusset et des troupeaux du site. Il est aménagé de silhouettes noires évoquant celle des buronniers d’autrefois, rendant hommage à ces hommes de la montagne.
Nous empruntons le sentier d'interprétation du Petit Pâtre, au départ de Récusset. Durée 1h30. 3,5km. 200m de dénivelé
Nous atteignons un ancien buron restauré, auprès duquel nous faisons une petite halte. Nous en profitons pour nous rafraîchir à la petite source qui s'écoule à proximité.
Orage au buron de Cueilhes
A l'invitation d'Abel et Catherine, nous montons passer la nuit au buron de Cueilhes, en leur compagnie et celle d'Eric & Cathou. Le ciel est particulièrement menaçant et nous nous trouvons bientôt pris sous un orage qui durera toute la nuit. Pour le feu de camp et le coucher de soleil, c'est raté, mais ça fait un sacré souvenir !
Heureusement, une bonne flambée et quelques saucisses grillées dans la cheminée du buron nous remontent le moral. D'autant que nous n'avons pas non plus oublié de prendre de quoi trinquer toute la nuit (ou presque)
Le dortoir au matin. Bien que la toiture ne soit pas étanche, nous passons une bonne nuit. Enfin, sauf le chien, qui a peur de l'orage et ne comprend pas ce qu'on fait là.
Au petit matin il ne pleut plus, mais le soleil est aux abonnés absents. Au loin, on entend toujours tonner... J'adore.
Vue sur le buron de Cueilhes alors qu'il se remet à pleuvoir et qu'un orage monte à nouveau vers nous. Nous décidons de redescendre sans attendre afin de ne pas rester bloquer au buron toute la matinée. Mais l'orage nous rattrapera et nous ferons la descente sous une pluie battante qui nous transpercera jusqu'aux os. Nous ne nous sommes pas faits foudroyer, c'est déjà ça.
Tournemire
Visite matinale de Tournemire, dans la vallée de la Doire.
L'histoire de Tournemire est marquée par la rivalité de deux familles, les Tournemire et les Anjony.
La famille Jean, dont le nom latin « Johani » deviendra « Anjony », est anoblie en 1360 par Charles V. A l'origine, il s'agit de riches marchands pelletiers d'Aurillac.
Louis II d’Anjony, compagnon de Jeanne d’Arc, reçoit en 1439 de Charles VII, l’autorisation de construire une forteresse sur les terres de Tournemire. Le château d'Anjony voit donc le jour à proximité immédiate du château des Tournemire, bâti sur l'ancien oppidum de Bezaudun, au-dessus de l'église. A l’époque, la Haute-Auvergne est cernée à l’est par la Bourgogne, alliée des Anglais et par l’Aquitaine à l’ouest, possession anglaise. Le roi de France tient donc à ce que cette région soit tenue par des sujets fidèles à sa couronne. De cette époque date donc la querelle avec la famille de vieille noblesse que sont les Tournemire. Une véritable vendetta entre les deux familles existera pendant près de deux siècles avant de s’achèver par un mariage en 1643, entre Michel II d’Anjony et l’héritière des Tournemire, Gabrielle de Pesteils. Le château appartient toujours à la même famille depuis son origine et le marquis Pélissier de Léotoing d'Anjony l'habite encore (mais il ne porte plus d'armure).
Le château d'Anjony est une forteresse d'aspect martial composée d'un haut donjon cantonné de quatre grandes tours coiffées de mâchicoulis. Elle a été construite en pierre de lave sur un éperon qui domine la vallée encaissée de la Doire. Elle possède des fresques du XVIe siècle représentant les Neuf Preux sous les traits d'un desquels Michel d'Anjony s'est fait représenter.
Le château d'Anjony a été construit à côté du château féodal des de Tournemire, dont le dernier vestige est la chapelle castrale, devenue depuis l'église paroissiale.
Un corps de bâtiment rectangulaire, plus confortable, a été ajouté au XVIIIe siècle, par Claude d'Anjony.
Et voilà, les vacances se terminent et il nous faut déjà remonter en Normandie, retrouver notre coin de forêt humide et notre meute de chats. Le séjour se sera déroulé sous le soleil et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai, même si quand il fait trop chaud... Enfin bref !
Au final, ma tendinite au mollet ne m'aura pas trop handicapé dans nos balades. Faut être un grand sportif comme moi pour se faire ce genre de contracture en tondant la pelouse, la veille du départ en vacances ! Je m'en souviendrai. Vivement l'an prochain pour des randonnées plus conséquentes.



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